association atnt-18
 

Au service de la médiation entre les technologies actuelles de la communication et les habitants des quartiers politiques de la ville du nord de Paris



POKEMON GO

Mercredi 24 Août 2016

Reproduction de l'article publié par Louis Boy, le 14 juillet et mis à jour le 19 juillet 2016
http://www.francetvinfo.fr


Depuis quelques jours, les médias ne parlent plus que d'un jeu étrange, dont le nom vous dit peut-être vaguement quelque chose : Pokémon Go . Dans cette application pour téléphone, les joueurs s'amusent à capturer des Pokémon dans la vraie vie, en réalité augmentée. Capturer des quoi ? Comment ça dans la vraie vie ? Pourquoi tous ces jeunes parcourent le parc à côté de chez vous, téléphone à la main, en prononçant des mots barbares comme "Poké Balls" ou "Pikachu" ? En tant que représentant de la génération Pokémon à francetv info, on m'a chargé de répondre à toutes vos questions.

Je me souviens, le but de Pokémon c’est d’attraper des Poké Ball, et le héros s’appelle Pikachu, c’est ça ?

Presque. En fait, Pokémon est aussi un dessin animé, dont le héros, Sacha, est toujours accompagné de son fidèle Pikachu. Vous avez peut-être aussi déjà eu vent du jeu de carte adapté de Pokémon. Mais au départ, Pokémon est un jeu vidéo, décliné principalement sur les consoles portables de Nintendo (d'abord la Game Boy, aujourd'hui la Nintendo 3DS).

Dans le jeu, vous incarnez un dresseur dans un monde fictionnel peuplé de Pokémon. Pour faire simple, les Pokémon sont des petits monstres, le plus souvent inspirés d'animaux existants mais dotés de capacités exceptionnelles : Pikachu, par exemple, est une souris qui lance des décharges d'électricité. Dans la première version du jeu, il existait 151 Pokémon. Pokémon Go se limite à cette première fournée, mais chaque nouvelle génération du jeu introduit de nouvelles créatures.

Dans le jeu vidéo, vous avez deux grands objectifs : parcourir le monde pour capturer – à l'aide de ces boules rouge que l'on appelle les Poké Ball – toutes les espèces différentes de Pokémon ; et les faire combattre pour devenir le meilleur dresseur. Au fil des combats, les Pokémon deviennent plus forts, acquièrent de nouvelles capacités. En progressant, ils peuvent le plus souvent évoluer en une forme plus puissante. Pikachu, par exemple, peut devenir Raichu, une plus grosse souris qui lance des décharges électriques plus puissantes.


Mais Pokémon, ce n'est pas le jeu auquel mon petit frère jouait il y a vingt ans ? Cela existe encore ?

C'est vrai que les premières versions de Pokémon, crées par Nintendo – qui a aussi créé Mario ou Zelda – pour leur Game Boy, sont sorties au Japon en 1996. Des déclinaisons en série animée et en cartes à jouer ont suivi, et tout cela a déferlé en France au même moment, en octobre 1999. On n'a probablement jamais autant parlé de la série depuis, mais sachez que les enfants nés après les années 2000 jouent aussi à Pokémon dans leur cours de récré. Cinq autres générations de jeux vidéo sont sorties, et se sont tout aussi bien vendues, et de nouveaux épisodes, Pokémon Soleil et Pokémon Lune, doivent sortir en novembre. Mais, en choisissant de se concentrer sur les 151 Pokémon de la première édition, Pokémon Go cible sans doute davantage un public de nostalgiques qui ont aujourd'hui une vingtaine d'années.


Quel rapport entre la série de jeux et "Pokémon Go" ?

Ils partagent de nombreux principes. Le but, dans Pokémon Go, est toujours de collectionner les Pokémon et de les faire combattre, même si cette dernière phase est très simplifiée par rapport aux autres jeux. Les bases restent les mêmes : les Pokémon disponibles sont tous tirés de Pokémon Bleu et Pokémon Rouge – les premières versions de Pokémon – on parle toujours de Poké ball et le mentor du joueur est toujours un professeur spécialiste des Pokémon. Mais sur GameBoy les jeux se déroulaient dans des mondes virtuels (dont la carte était inspirée de régions du Japon ou de la géographie française pour le dernier volet). En revanche, Pokémon Go se joue en réalité augmentée, ce qui change beaucoup de choses.


Comment ça ? On capture des Pokémon dans les rues de notre ville ?

Dans les rues mais aussi les champs, les parcs, les monuments, le hall de France Télévisions ou même chez vous. Le joueur est localisé par GPS sur une carte qui est celle du lieu où il se trouve, comme si votre avatar se baladait dans Google Maps. Des Pokémon y apparaissent de façon aléatoire, même si on ne rencontre certaines "espèces" que dans des lieux qui correspondent, dans la réalité, à leur habitat. Par exemple, vous n'attraperez un Tentacruel, une sorte de méduse, qu'au bord d'un cours d'eau, alors que n'importe quelle rue de Paris regorge de Rattata et de Roucool, la version Pokémon des rats et des pigeons. Et les rues sont logiquement moins riches en Pokémon que les espaces verts. Comme pour les vrais animaux.

Le jeu identifie également des lieux importants qu'il désigne comme des Poké Stop : le joueur qui se tient à proximité de ces points peut récolter des objets, notamment les Poké Ball nécessaires pour capturer des Pokémon. Le ministère de la Défense, proche de France Télévisions, est un Poké Stop, mais un bureau de poste ou un arrêt de métro peuvent aussi faire l'affaire. La carte est également remplie d'arènes, dont les joueurs se disputent le contrôle : pour devenir le champion d'une arène, il faut battre le Pokémon du champion en titre. Ces arènes, plus rares que les PokéStops, sont placées dans des parcs, sur des places, ou au niveau de monuments : la Maison Blanche, par exemple, est une arène, qui fait l'objet d'un combat particulièrement acharné que raconte le site Kotaku (en anglais). Pokémon Go encourage donc l'exploration de votre quartier, et pour devenir bon, il faut nécessairement mettre le pied hors de chez soi.


Mais comment le monde entier peut-il être cartographié dans le jeu ?

C'est vrai, la précision de Pokémon Go est parfois troublante : si la carte n'est pas parfaite, le jeu semble avoir une connaissance très précise de la géographie urbaine, et trouver un Poké Stop à l'emplacement de sa boulangerie de quartier est assez surprenant. Cela s'explique par le profil du créateur de Pokémon Go, qui n'est pas Nintendo – le logo de la firme japonais n'apparaît d'ailleurs nulle part dans le jeu, simplement celui de The Pokemon Company – mais l'éditeur américain Niantic. Comme l'explique très bien un blog du Monde, Niantic est une structure créée en 2010 au sein de Google par l'homme qui est déjà à l'origine de Google Earth.

En 2012, Niantic a développé deux applications. L'une d'elle, Field Trip, alerte les utilisateurs des points intéressants situés autour d'eux : c'est de là que Pokémon Go connaît toutes les statues et les bureaux de poste de votre quartier. Cela explique aussi pourquoi la France est déjà si bien cartographiée alors que le jeu n'y est pas encore sorti. L'autre application, Ingress, est un jeu où les joueurs s'affrontaient sur une carte du monde pour le contrôle d'arènes : un principe repris dans Pokémon Go. En 2015, Niantic a pris son indépendance de Google et a noué un partenariat avec The Pokémon Company, qui détient la licence sur la série.


Est-ce que la mode ne va pas s'essouffler ? Il n'y a pas si longtemps, tout le monde ne parlait que d'Angry Birds

Comme pour n'importe quel jeu, l'enthousiasme initial s'essoufflera forcément un jour. Mais vous devriez encore entendre parler de Pokémon Go quelques temps. Tout d'abord parce que le jeu, qui déclenche les passions en France, n'est même pas sorti dans l'Hexagone. Si les plus motivés ont déjà réussi à le télécharger, les chasseurs de Pokémon devraient être beaucoup plus nombreux une fois que le jeu sera plus largement accessible. Aucune date n'a été annoncée, mais il est disponible depuis mercredi en Allemagne, qui est le premier pays européen à y avoir droit.

De plus, le jeu est loin d'être fini : dans une première bande annonce, le jeu promettait la possibilité d'échanger des Pokémon avec ses amis, et de les affronter en duel, deux éléments clés des autres jeux de la série mais qui n'existent pas dans Pokémon Go"L'aspect multijoueur est quelque chose que nous étudions encore, nous essayons de trouver la meilleure façon de le mettre en place", expliquait un responsable de Niantic au site Gamestop. De quoi prolonger l'intérêt du jeu.


Forcément, il va falloir dépenser de l'argent pour jouer, non ?

Niantic a bien sûr pensé à monétiser son jeu. Une firme américaine citée parForbes  estime qu'il rapporte déjà 1,6 million de dollars par jour rien que sur iPhone, donc sans compter les recettes sur Android. Dans Pokémon Go, le joueur a accès à une boutique, où il peut acheter un certain nombre d'objets. S'il veut éviter de parcourir les rues à la recherche de Poké Ball, il peut par exemple en acheter 20 pour l'équivalent d'un euro. En revanche, le joueur n'est jamais contraint de payer pour avancer dans le jeu, et l'application elle-même est gratuite.


De toute façon, je ne connais rien à Pokémon, donc je serais perdu, non ?

Forcément, les fans de la série tirent un certain plaisir à pouvoir capturer des Pokémon dans la rue, ce dont ils sont beaucoup à avoir rêvé dans leur enfance. Mais si vous ne vous laissez pas impressionner par les noms étranges de ces créatures, votre manque de connaissances ne devrait pas vous empêcher d'apprendre à jouer à Pokémon Go, ni de l'apprécier pour ce qu'il est : une expérience vraiment étonnante dans le lien entre le jeu et la vraie vie, et qui vous apprendra peut-être des choses sur votre quartier.


Je n'ai pas tout lu, vous pouvez me résumer ?

Bien sûr ! Pokémon Go est le dernier-né d'une série, arrivée en France en 1999, mais qui n'a pas disparu depuis. Le principe : capturer des Pokémon, de petites créatures, pour les collectionner ou les faire s'affronter dans des combats. La nouveauté de Pokémon Go est que le joueur se déplace sur une vraie carte du monde où apparaissent les Pokémon, et les vrais monuments de la ville sont mis en scène dans le jeu comme des points importants. Il faut donc se déplacer dans la ville (ou à la campagne) pour y jouer. Par contre, le jeu n'est pas encore officiellement sorti en France : on vous explique comment se le procurer.

Association ATNT-18



Flux RSS


Inscription à la newsletter