Des traces de Covid-19 dans l'eau à Paris

Jeudi 23 Avril 2020

Béatrice Colin démêle le vrai du faux sur la présence, ou pas, du virus dans l’eau à l’aide d’un article paru dans le journal "20 Minutes"


Dimanche, le laboratoire de la régie municipale Eau de Paris a indiqué avoir découvert des traces du Covid-19 en quantité infime sur quatre des 27 points de prélèvements sur le réseau d’eau non potable. Même si ce dernier est utilisé uniquement pour le nettoyage des rues, l’arrosage des jardins ou les fontaines, la mairie a immédiatement suspendu son utilisation au nom du « principe de précaution ». Tout en martelant qu’il n’y avait aucun risque sur l’autre réseau, celui d’eau potable.

De quoi susciter la suspicion sur l’eau du robinet, mais aussi sur la présence du virus en général, que ce soit dans les eaux usées ou celles des fleuves et rivières françaises. Là même où est prélevée l’eau servant à alimenter les populations. Comme à Paris, où l’eau provient de la Seine et du Canal de l’Ourcq.


« Les virus ne résistent pas aux traitements habituellement apportés à l’eau pour la rendre potable. Les agences sanitaires, dont l’Organisation Mondiale de la Santé, ont indiqué que le virus ne montre pas de résistance particulière à ces traitements. Il n’y a aucun risque de présence du Covid dans l’eau du robinet, c’est une certitude. Elle est sûre et indispensable pour lutter contre la propagation du virus, pour se laver les mains et pour rester à la maison », indique Tristan Mathieu, délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau

Donc les professionnels de l'eau sont formels : "Il n'y a aucun risque à boire l'eau du robinet, ce n'est pas un vecteur de transfert du Covid-19, les traitements bactéricides de potabilisation (chlore, UV, ozone) couvrent tous les champs.
Pour être sûr que rien ne passe à travers les mailles du filet, de nombreux gestionnaires français des réseaux d’eau, avec l’aval des Agences régionales de l’eau, ont ainsi augmenté le taux de chlore.

Mais si elle est bonne à boire, l’eau, une fois consommée, peut être polluée par les malades du Covid-19. C’est ainsi que l’on retrouve le virus dans les eaux usées, qui filent tout droit dans les stations d’épuration. Que ce soit à travers les matières fécales ou les lingettes jétées dans la cuvette des WC, relève
France Nature Environnement dans un dossier consacré à la question.
« C’est un classique des épidémies, on trouve toujours dans les eaux d’égouts des traces d’épidémie, que ce soit la gastro-entérite, la grippe classique, et aujourd’hui le Covid parce que très simplement quand les gens sont malades, ils passent aux toilettes. Et ce virus est dans les matières fécales. Fort heureusement, après les égouts, il arrive en station d’épuration. Le virus y est largement traité, mais il y a encore des traces qui repartent au milieu naturel, et c’est pour cela qu’on en retrouve notamment dans l’eau non potable », a ainsi développé au micro de RTL , Cecilia Bauel présidente d’Eau de Paris et adjointe au maire de la capitale.

La présence du virus dans l’eau est-elle dangereuse pour l’homme ?
Avoir des traces infimes du Covid-19 doit-elle inquiéter la population ? Pas vraiment si on en croit les spécialistes.  Anne Goffard, virologue au CHU de Lille interrogée par LCI précise qu’une fois qu’il se retrouve dans l’eau « le coronavirus est dégradé très rapidement, son enveloppe virale est détruite et du coup le virus n’est plus infectieux, il perd toute sa capacité d’infecter ».
D’autant que comme le précise Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital parisien Saint-Antoine « on sait que le virus ne peut pas se multiplier dans l’environnement parce qu’il a besoin des cellules humaines et de s’approprier les enzymes des cellules humaines pour se multiplier ».
Association ATNT-18