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Au service de la médiation entre les technologies actuelles de la communication et les habitants des quartiers politiques de la ville du nord de Paris


Mardi 24 mars, à 20h50, sur Arte : « Citoyens sous surveillance » réalisé par Alexandre Valenti

Mardi 24 Mars 2015

Voici quelques extraits de l’interview accordé par Alexandre Valenti au « Nouvel Observateur » du 19 au 25 mars 2015
(Propos recueillis par Hélène Riffaudeau)



Que reste-t-il de nos vies privées quand nos portables, nos e-mails, les moteurs de recherche nous utilisons nous rendent « traçables » ?

Nous sommes tous séduits par les nouvelles technologies. Mais chaque fois que nous nous connectons, nous laissons des indications sur nos idées, nos goûts, nos habitudes qui finissent par constituer un profile. Google en sait beaucoup plus sur mon propre compte que moi-même: si je ne me souviens plus de ce que j’ai fait il y a un mois ou un an, lui, il le sait ! Grâce aux informations stockées, il peut même reconstituer ma vie, au jour le jour, sur plusieurs années. Seulement voilà, notre « alter ego numérique » évolue dans un monde sans frontière ni loi.
Google, Facebook, Twitter, etc., font commerce de nos données...
Si Google, Amazon, Facebook, Apple pèsent davantage en Bourse que toutes les compagnies pétrolières réunies, alors que nous les utilisons gratuitement, c’est bien parce qu’elles vendent nos données à des fins publicitaires. C’est même leur fonds de commerce. D’où leur réticence quand on leur demande le moindre retrait ou la moindre rectification : cela revient à remettre le système en cause. En utilisant quotidiennement ces services dont elles ont le monopole dans le monde, nous leur livrons nombre d’informations. L’affaire Snowden a fait éclater au grand jour qu’elles transmettent aussi nos données à d’autres fins. Il est urgent de légiférer pour que les citoyens puissent décider de ce qu’ils souhaitent transmettre ou pas.
Le traitement des données numériques permet même de prédire nos comportements...
Avec des algorithmes, et il ne s’agit pas de science-fiction, il est désormais possible d’anticiper nos volontés et nos actions. A Santa Cruz, en Californie, nous avons rencontré des policiers qui ont augmenté leur efficacité d’intervention de 1 à 5 en prévoyant les lieux de criminalité dans la ville, grâce à un logiciel prédictif nommé Predpol conçu par des scientifiques. Aujourd’hui, on sait que Barack Obama a été élu en partie grâce à un dispositif permettant d’étudier le comportement électoral des internautes via les réseaux sociaux. Il a pu faire campagne en tenant compte de ces informations. Autrement dit, en proposant aux électeurs ce qu’ils voulaient entendre. Qu’il s’agisse de consommation ou de politique, cela revient à pratiquer une forme de manipulation. C’est donc un pouvoir très préoccupant. Et il n’existe aucun contre-pouvoir, car nous sommes dans ce que j’appelle un no man’s law.
La révolution technologique n’a été accompagnée ni d’une réflexion philosophique ni d’un cadre juridique international. Quel impact a-t-elle sur nos vies ?
Sur la démocratie ? Dans quel monde voulons-nous vivre ? Nous ne pouvons pas continuer à faire l’économie de ces questions.
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